Place du stenting intracrânien dans la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux Ischémiques par sténose carotidienne de UNV du CH de Perpignan.
Résumé
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques représentent une cause majeure de
mortalité et de handicap dans le monde. Leur prise en charge repose principalement sur la
thrombolyse intraveineuse et la thrombectomie mécanique. Cependant, certaines situations,
notamment les sténoses intracrâniennes sévères ou les échecs de revascularisation, justifient le
recours à des techniques complémentaires telles que le stenting intracrânien.
L’objectif de ce travail était d’évaluer la place du stenting intracrânien dans la prise en charge
des AVC ischémiques à travers l’expérience de notre centre.
Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive menée sur une période de deux mois, incluant 52
patients ayant bénéficié d’un stenting intracrânien. Les données démographiques, cliniques,
radiologiques, thérapeutiques et évolutives ont été analysées.
La population étudiée était majoritairement âgée, avec un âge médian de 80,8 ans, et une
prédominance masculine (73,08 %, sex-ratio = 2,71). Les principaux facteurs de risque
cardiovasculaires étaient dominés par le tabagisme (50 %), suivi de l’hypertension artérielle
(23,08 %) et du diabète (11,54 %).
Sur le plan clinique, la majorité des patients présentait un déficit neurologique mineur à modéré
à l’admission. Les lésions étaient principalement localisées au niveau de l’artère cérébrale moyenne (50 %) et de la carotide interne (38,46 %), avec une prédominance de sténoses sévères
≥ 70 % (69,23 %).
Concernant la prise en charge, 76,92 % des patients ont bénéficié d’un stenting intracrânien
seul, tandis que 23,08 % ont eu une thrombectomie associée. Le taux de succès technique était
élevé, avec une recanalisation complète chez 100 % des patients.
Les complications étaient rares, limitées à 3,85 % d’hémorragies intracrâniennes, sans cas de
thrombose intra-stent ni de dissection artérielle.
L’évolution clinique a montré une amélioration significative, avec une augmentation de la
proportion de patients présentant un déficit mineur (NIHSS 0–4) de 46,15 % à l’admission à
73,08 % à la sortie.
En conclusion, le stenting intracrânien apparaît comme une option thérapeutique efficace et
relativement sûre dans la prise en charge des AVC ischémiques chez des patients sélectionnés,
notamment en cas de sténose sévère ou d’échec des traitements conventionnels. Toutefois, des
études prospectives à plus large échelle sont nécessaires afin de mieux définir ses indications et
son impact à long terme.

