Évolution de la fréquence et du pronostic de la césarienne dans le district sanitaire de kita (2013 – 2024)
Résumé
Introduction : La césarienne constitue une intervention obstétricale majeure
indispensable pour réduire la mortalité et la morbidité maternelles et néonatales.
Toutefois, son accès reste limité dans de nombreux contextes à faibles ressources.
Au Mali, malgré des progrès, de fortes disparités régionales persistent, en particulier
dans les zones rurales. Cette étude avait pour objectif d’analyser l’évolution de la
fréquence et du pronostic de la césarienne dans le district sanitaire de Kita de 2013 à
2024, afin de mieux comprendre les déterminants et les implications cliniques et de
santé publique.
Méthodes : Il s’agissait d’une étude rétrospective, descriptive et analytique, incluant
toutes les patientes ayant accouché par césarienne au Centre de Santé de Référence
de Kita durant la période d’étude. Les données sociodémographiques, obstétricales
et cliniques ont été extraites des registres hospitaliers. Les variables étudiées
incluaient la fréquence de la césarienne, les caractéristiques des patientes, les indications opératoires et les issues fœto-maternelles. Les données ont été analysées
de façon comparative, en tenant compte du contexte d’un essai interventionnel ayant
renforcé certaines aires de santé en personnel qualifié.
Résultats : La fréquence globale de la césarienne était de 4,57 %, bien en dessous
de l’intervalle de 10 à 15 % recommandé par l’OMS. Les patientes étaient
majoritairement jeunes, multipares, mariées et vivant en milieu rural. Les principales
indications étaient les dystocies, la souffrance fœtale aiguë, l’hématome
rétroplacentaire, la rupture utérine, ainsi que les césariennes itératives en
progression. L’évolution a montré une amélioration du pronostic maternel, avec une
baisse des complications post-opératoires (de 26% à 11%) et une mortalité réduite à
1,1 %. En revanche, le pronostic néonatal reste préoccupant, marqué par une
mortinatalité de 13,5 %, dont une majorité de mort-nés frais. Les facteurs aggravants
identifiés incluaient la résidence rurale, les évacuations, la multiparité, la
prématurité, l’anesthésie générale et les césariennes en urgence.
Conclusion : L’étude révèle une sous-utilisation persistante de la césarienne dans le
district de Kita, mais également une amélioration progressive du pronostic maternel
grâce au renforcement en personnel qualifié. Le pronostic néonatal demeure
cependant préoccupant, soulignant la nécessité d’un investissement accru dans la
réanimation et les soins néonataux, ainsi que dans le système de référence
évacuation. Ces résultats appellent à des politiques renforcées pour améliorer l’accès
aux soins obstétricaux et néonataux d’urgence dans les zones rurales du Mali.
