Co-infection tuberculose/cryptococcose au Service des Maladies Infectieuses et Tropicales du CHU de Point G à Bamako : une série de cas de deux ans.
Résumé
Introduction
La co-infection par la tuberculose (TB) et la cryptococcose représente un défi majeur pour la
santé publique mondiale, particulièrement dans les populations immunodéprimées. Les données
disponibles suggèrent une sous-déclaration significative de cette co-infection. L’objectif de ce
travail est d’améliorer notre compréhension sur les caractéristiques épidémiologiques, cliniques
thérapeutique et évolutifs de co-infection tuberculose/ cryptococcose au Mali.
Méthodes
Il s’agissait d’une étude transversale, descriptive à collecte rétrospective, allant de janvier 2022
à décembre 2023. Elle concernait tous les patients avec un diagnostic concomitant de
tuberculose et de cryptococcose dans le Service des Maladies Infectieuses et tropicales du
centre hospitalier universitaire du Point G.
Résultats
Nous avons colligé dix cas de co‑infection tuberculose–cryptococcose. Le sexe féminin (72 %),
moyenne d’âge était 38,9 ans. 9 cas sur 10 avec le VIH‑1, dont sept sous TLD ; quatre étaient
observants (57,1 %). Tous présentaient un taux de CD4 < 100 cellules/mm³, à l’exception d’une
patiente immunocompétente (CD4 = 750/mm³). Les manifestations cliniques les plus
fréquentes associaient fièvre, céphalées, amaigrissement, toux chronique et raideur de nuque,
avec une altération de l’état général dans 50 % des cas. Le score de Glasgow était < 15 chez
quatre patients, dont un cas de coma léger.
Le diagnostic de tuberculose et de cryptococcose était posé après l’admission dans
respectivement 50 % et 70 % des cas. Le crachat BAAR était positif dans six cas et la GeneXpert
dans sept, révélant Mycobacterium tuberculosis sensible à la rifampicine dans 87,5 % des cas.
Les formes pulmonaires (60 %) et miliaires (30 %) dominaient. Le schéma 2(RHZE)/4(RH)
prédominait (80%).
L’antigène cryptococcique sanguin était fortement positif dans neuf cas, la culture positive dans
tous les cas testés (6/6), et l’espèce identifiée était systématiquement Cryptococcus neoformans.
Le fluconazole, à dose de charge de 1 200 mg/j, constituait le traitement de la cryptococcose
neuroméningée.
Tous les patients étaient anémiés (Hb moyenne : 8,72 g/dl), avec une thrombocytose fréquente
et une créatininémie moyenne de 118,17 µmol/l.
L’évolution était défavorable dans la moitié des cas (50 % de décès précoces), et la mortalité
atteignait 70 % à long terme
Conclusion
La co‑infection tuberculose–cryptococcose, rare mais grave, touche surtout les PVVIH
immunodéprimés et se manifeste par des formes cliniques retardant le diagnostic. La mortalité
élevée impose une vigilance accrue devant tout tableau fébrile ou neurologique au Mali.

