Profils de résistance aux antibiotiques des germes isolés des examens cytobactériologiques des urines au CHME « le Luxembourg ».
Résumé
Introduction : Les infections urinaires sont fréquentes et principalement causées par
Escherichia coli, constituant une cause majeure de prescription d’antibiotiques.
Elles touchent surtout les femmes et certaines populations à risque, représentant un problème
important de santé publique. Le diagnostic repose sur l’examen cytobactériologique des urines
(ECBU). L’usage excessif d’antibiotiques favorise l’émergence de bactéries résistantes,
notamment les BLSE et les entérobactéries résistantes aux carbapénèmes. Cette étude vise à
déterminer le profil de résistance des germes urinaires au laboratoire du CHME.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude transversale menée de novembre 2024 à mars 2025 au
laboratoire du CHME, portant sur les patients ayant réalisé un examen cytobactériologique des
urines. Sur 418 examens réalisés, 67 cultures étaient positives. Les données
sociodémographiques et biologiques ont été collectées à partir du logiciel Cinz@n et des
bulletins d’analyses. Seuls les échantillons conformes ont été inclus. L’analyse des données a
été effectuée à l’aide des logiciels Word, Excel et SPSS.
Résultats : Sur 418 ECBU réalisés, 67 cultures positives ont été identifiées, avec une
prédominance chez les hommes âgés de plus de 60 ans. Les entérobactéries dominaient (83,6
%), principalement Escherichia coli (55,2 %) et Klebsiella pneumoniae (20,9 %). Le service
d’urologie était le plus représenté (61,2 % des cas). L’étude des profils de sensibilité aux
antibiotiques a mis en évidence des taux élevés de résistance aux antibiotiques couramment
utilisés, notamment aux pénicillines, aux céphalosporines de troisième génération et aux
quinolones, tandis que l’amikacine, la fosfomycine et les carbapénèmes restaient plus actifs. Le
phénotype BLSE était le plus fréquent (33,9 %), traduisant une forte prévalence de bactéries
multirésistantes.
Conclusion : Au terme de cette étude, il ressort que les infections urinaires constituent un
problème de santé publique non négligeable, avec un taux de positivité des ECBU de 16 %. Les
entérobactéries dominaient largement le paysage étiologique, avec Escherichia coli comme
principal agent responsable, suivie de Klebsiella pneumoniae.

