Aspect épidémiologique et clinique des traumatismes thoraciques admis aux urgences de l’hôpital du Mali
Abstract
Introduction. Les traumatismes thoraciques sont des lésions de la paroi et des organes à
l’intérieur de la cage thoracique, par suite d’un accident ou à un effort. Ils peuvent être
ouverts ou fermés et entrainer des lésions de plusieurs organes : coeur, gros vaisseaux,
poumons, etc. Ces traumatismes sont majoritairement secondaires à des accidents de la voie
publique, les chutes, les accidents de sport, les accidents de travail, les agressions par armes à
feu et armes blanches etc... .
Méthodologie : Il s’agit d’une étude prospective qui porte sur une période de 6 mois allant
du 1er Novembre 2024 au 1er Avril 2025 qui s’était déroulée dans le service d’accueil des urgences de l’hôpital du Mali. Elle avait concerné tous les patients admis dans le service
d’accueil des urgences pour traumatismes thoraciques.
Résultats : Sur un total de 5031 patients admis dans le service, 102 cas de traumatismes
thoraciques ont été recensés, soit une fréquence de 2,03 %. L’âge moyen des patients était de
32,73 ans, avec une nette prédominance masculine (sex-ratio de 16). La fréquence moyenne
d’admission était de 12,75 %. La majorité des patients résidaient dans la capitale (65 %) et
65,7 % provenaient de structures de référence.
Les accidents de la voie publique constituaient la principale étiologie, représentant 44,1 % des
cas. Les traumatismes thoraciques fermés étaient les plus fréquents (72 %). Cliniquement, la
douleur thoracique dominait le tableau dans 95 % des cas, tandis que le syndrome
d’épanchement était observé chez 86,3 % des patients. Plus de la moitié des patients (55,9 %)
étaient admis avec un CCMU IV.
Sur le plan paraclinique, la radiographie thoracique était l’examen le plus réalisé (64,7 %),
suivie de la tomodensitométrie thoracique (54,9 %). Les principales lésions retrouvées étaient
les contusions pulmonaires (55,4 %), l’hémothorax (39,3 %), le pneumothorax (17,9 %) et
l’hémopneumothorax (25 %). Des lésions associées étaient notées dans 15,2 % des cas,
dominées par le traumatisme crânien (8,9 %).
La prise en charge thérapeutique reposait principalement sur le traitement médical, associant
antalgiques, antibiotiques et hydratation dans 100 % des cas. L’oxygénothérapie était utilisée
chez 84,6 % des patients et le drainage thoracique constituait le principal geste chirurgical
(77,5 %). La morbidité était faible (4,9 %), et 79,4 % des patients étaient transférés en
chirurgie thoracique.
Conclusion : Les traumatismes thoraciques concernent principalement les sujets jeunes et
représentent une urgence potentiellement grave. Une prise en charge précoce et
multidisciplinaire, appuyée par la TDM thoracique, est essentielle pour améliorer le pronostic.
