Evaluation des connaissances et attitudes pratiques des médecins generalistes vis-à-vis de l’infection a helicobacter pylori dans le district de Bamako
Résumé
Introduction : L’infection à Helicobacter pylori constitue l’une des affections bactériennes les plus répandues au monde et un important problème de santé publique dans les pays en développement. Elle est impliquée dans la survenue de nombreuses pathologies digestives, dont la gastrite chronique, l’ulcère gastroduodénal et certains cancers gastriques. Au Mali, la prévalence élevée de l’infection et l’hétérogénéité des pratiques médicales justifient l’évaluation des connaissances et attitudes des médecins généralistes face à cette pathologie.
Objectif : Évaluer les connaissances et attitudes pratiques des médecins généralistes exerçant dans les Centres de Santé de Référence (CSREF) du district de Bamako.
Méthodologie : Il s’agissait d’une étude transversale descriptive réalisée du 20 mars 2024 au 31 mars 2025 auprès de médecins généralistes des CSREF des six communes du district de Bamako. Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire structuré évaluant les connaissances, les attitudes diagnostiques et les pratiques thérapeutiques. L’analyse statistique a été effectuée avec le logiciel SPSS, en utilisant les tests du Chi-deux et de Fisher avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05.
Résultats : L’étude incluait 109 médecins généralistes, majoritairement masculins (65,1 %), avec une prédominance des praticiens âgés de moins de 30 ans (40,4 %). La quasi-totalité (92,7 %) avait déjà diagnostiqué un cas d’infection à H. pylori. L’épigastralgie était le symptôme le plus cité (86,2 %). Les modes de contamination les plus évoqués étaient oro-oral (63,3 %) et oro-fécal (55,9 %). L’ulcère gastroduodénal (98,2 %), le cancer gastrique (70,6 %) et la gastrite chronique (64,2 %) représentaient les pathologies les plus associées. Concernant les indications de dépistage, l’ulcère gastroduodénal était la plus retenue (97,2 %). La sérologie constituait le test diagnostique de première intention le plus utilisé (68,8 %), tandis que seulement 19,3 % recouraient au test respiratoire. Les pratiques thérapeutiques étaient variables et l'utilisation des protocoles recommandés restait inégale.
Conclusion : Cette étude met en évidence des disparités importantes dans les connaissances et les pratiques des médecins généralistes concernant l’infection à H. pylori dans le district de Bamako et les guidelines internationales. L’amélioration des formations continues et la diffusion de recommandations actualisées sont nécessaires pour optimiser la prise en charge de cette infection

