Epidémiologie de la douleur dans le service d’accueil des urgences (SAU) au CHU Gabriel TOURE
Abstract
Introduction La douleur constitue un motif fréquent d’admission aux urgences et représente
un enjeu majeur de qualité des soins. Dans ce contexte, l’étude vise à déterminer la prévalence
de la douleur au SAU du CHU Gabriel Touré, à décrire les caractéristiques des patients algiques,
à analyser les pratiques d’évaluation et de prise en charge, et à mesurer le soulagement obtenu
après l’instauration d’une analgésie multimodale.
Méthodologie Il s’agit d’une étude prospective exhaustive menée du 1er juin au 30 août 2025
au Service d’Accueil des Urgences du CHU Gabriel Touré. Tous les patients âgés d’au moins
quinze ans, consultant pour une douleur traumatique ou non traumatique, sont inclus de façon
consécutive. Les données recueillies couvrent les caractéristiques sociodémographiques,
cliniques, les scores d’évaluation de la douleur (EVA, EN, EVS, Algoplus), les traitements
administrés, et la satisfaction des patients. Les analyses sont réalisées avec SPSS v25, avec un
seuil de significativité fixé à p<0,05.
Résultats L’étude recense 450 patients douloureux sur 4 776 admissions, soit une prévalence
de 9,4 %. La population est majoritairement jeune, avec un âge moyen de 33,9 ans, composée
à 75 % d’hommes, et issue pour plus de la moitié d’un niveau d’instruction non scolarisé. Les
douleurs sont essentiellement liées à des traumatismes (76 %), dont la quasi-totalité provient
d’accidents de la voie publique. La douleur est aiguë dans 98 % des cas, à prédominance
nociceptive et siégeant principalement aux membres inférieurs. L’évaluation repose surtout sur
l’EVA, utilisée chez 72,7 % des patients. Le traitement privilégie les antalgiques de palier I,
complétés par le tramadol pour le palier II et la morphine pour le palier III. Les adjuvants et
blocs analgésiques sont utilisés dans 18 % des cas. Le soulagement est jugé satisfaisant chez plus de la moitié des patients, avec une association significative entre analgésie multimodale,
type de douleur et satisfaction.
Conclusion L’étude met en évidence une forte prédominance de douleurs post-traumatiques
chez un public jeune largement exposé aux accidents routiers. L’évaluation repose
principalement sur des échelles d’autoévaluation, tandis que le traitement combine antalgiques,
opioïdes, adjuvants et blocs, avec un impact favorable sur le soulagement.

