Facteurs influençant la pratique de l’allaitement chez les prématurés au service de néonatologie du CHU Gabriel Touré en 2025
Abstract
Introduction : l’allaitement maternel est la référence pour l’alimentation du nouveau-né prématuré. Les bénéfices sont bien documentés. Toutes fois, l’incidence et la durée de l’allaitement maternel exclusif chez les prématurés demeurent inférieures à celles observées chez les nouveau-nés à termes.
Objectifs : l’objectif général était d’évaluer dans une population d’enfants prématurés le taux d’allaitement maternel exclusif (AME) à la sortie de l’hôpital, puis à 3 mois ; secondairement analyser les caractéristiques sociodémographiques, gestationnelles et néonatales pouvant influencer l’AM et identifier les obstacles à la poursuite de l’AME.
Méthodes : il s’est agi d’une étude prospective, descriptive et analytique chez les enfants nés entre 28 et 34 semaines d’aménorrhée (SA) du 1er Mai au 30 Septembre 2025 hospitalisés au service de néonatologie du centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré. Les données sociodémographiques et la décision initiale d’AM ont été recueillies auprès des mères. Les nouveau-nés ont été´ revus en consultation à 3 mois pour connaitre le mode alimentaire. L’association des variables avec l’AM a été analysée à l’aide du test de Khi deux et en analyse multivariée par un modèle de régression logistique.
Résultats : L’analyse a porté sur 136 couples mères–enfants. A la sortie du service de néonatologie, 92,6 % des prématurés recevaient un AME et 6,6 % un AM partiel. A l’âge de 3 mois, 26 % des nourrissons étaient exclusivement allaités au sein, 73,5 % partiellement allaités et 0,5 % nourri au lait artificiel. Les facteurs associés à l’AM à 3 mois étaient le statut matrimonial de la mère, 14 jours après la naissance et la durée d’hospitalisation avec P=0,012 ; P= 0,017 et P=0,015. Aucune différence significative n’a été mise en évidence en ce qui concerne l’âge maternel, la parité, le niveau d’étude, la profession, la pathologie associée à la grossesse, l’âge gestationnel, le poids de naissance, le contact peau à peau, le délai de première expression du lait maternel et les difficultés rencontrées pendant et après l’hospitalisation. En analyse multivariée, la quantité de lait exprimée 14 jours après la naissance était significativement associée à un taux d’AME plus important lorsqu’elle était supérieure ou égale à 500ml (p=0,000). La durée d’hospitalisation plus longue était significativement associée à un taux d’allaitement exclusif plus faible à trois mois (p=0,001) ainsi que le mariage de la mère p=0,002.
Conclusion : les taux d’AM chez le prématuré, en particulier de l’AME dans notre contexte restent inférieurs aux objectifs recommandés par l’OMS. Ces taux sont influencés de façon significative par la quantité de lait maternel exprimée dans les quatorze jours suivant la naissance, déterminant pour la poursuite de l’AME.

