Hémodilution normovolémique dans les milieux chirurgicaux des Hôpitaux Nationaux du Mali
Abstract
La crainte d'une pénurie de sang homologue ainsi que les risques d'accidents immunologiques, parasitaires et ou viraux presque inévitables liés à la transfusion classique (homologue), poussent de nombreuses équipes médicochirurgicales à s'intéresser de plus en plus aux techniques de transfusion autologue. Si dans les Pays développés plusieurs études effectuées ont permis de bien s'imprégner de divers aspects de ce problème, il n'en est pas de même pour ceux en voie de développement. Cette étude porte sur l'HDNV et la TH dans les milieux chirurgicaux des hôpitaux nationaux du Mali. Il s'agit d'une étude cas témoins portant sur 148 patients programmés pour une intervention chirurgicale potentiellement hémorragique. Ces patients sont répartis en deux groupes : 75 cas ayant bénéficier de la technique et 73 témoins n'en ayant pas bénéficié. Le recrutement de nos patients s'est fait de juin 2003 à novembre 2004 sur la base de nos critères d'inclusion dont l'acceptation par le patient de la technique et un hématocrite supérieur ou égal à 34 p.100 . Ces deux groupes ont été suivis de façon identique sur le plan des manifestations cliniques, hémodynamiques, des modifications hématologiques et des dépenses liées à l'intervention. L'HDNV a été acceptée par tous les patients à qui elle a été proposée. Elle a été réalisée au bloc opératoire quelques minutes avant l'induction anesthésique. Après la technique, l'hématocrite s'est abaissé en moyenne de 38,57 p.100 à 30,48 p.100 en peropératoire et à 30,56 p.100 à J1 postopératoire. La valeur de l'hématocrite en peropératoire est plus basse par rapport aux témoins, cependant il n'y a pas différence statistique (P égal 0,237). Nous n'avons constaté aucune intolérance à la technique ainsi qu'aucune perturbation pré, per et postopératoire. Tous nos patients vu à 30 jours après l'intervention avaient bien récupérés sur le plan hématologique avec une moyenne d'hématocrite de 38,50 p.100 un peu plus bas que les témoins mais sans différence statistique (P égal 0,400). Le surcoût théorique de la technique se chiffre par patient à 4183,68 mais sans différence statistique significative. Nous recommandons ainsi l'officialisation de la pratique de l'HDNV et des autres techniques d'autotransfusion par l'élaboration de textes législatifs, la réalisation de séminaires de formation du personnel sanitaire sur l'HDNV, la mise en place d'unité d'HDNV et de transfusion autologue au niveau de nos hôpitaux nationaux.