Place de la bilharziose urinaire dans les tumeurs de vessie au service d'urologie de l'hôpital Gabriel Touré de février 2003 à mars 2005.
Résumé
Nous avons réalisé une étude prospective, comparative, cas/témoins s'étendant sur une période de deux ans allant de février 2003 à mars 2005 au service d'urologie de l'hôpital Gabriel Touré. Elle a porté sur 102 cas de tumeurs de vessie et 204 témoins qui proviennent des mêmes régions que les cas. Globalement le pourcentage de la bilharziose urinaire est nettement plus élevé chez les cas de tumeur de vessie que chez les témoins. Ensuite les témoins ayant eu la bilharziose urinaire ont plus eu accès aux traitements médicaux que les cas. La tumeur de vessie a été plus retrouvée chez les hommes que chez les femmes, le ratio est de 3 pour 1. Les ménagères et les cultivateurs ont été les couches socio-économiques les plus touchées. L'hématurie n'est pas le seul motif de consultation chez les cas de tumeur de vessie car la dysurie, la douleur, la rétention aigue d'urine ont un pourcentage non négligeable. La région de Ségou a eu le pourcentage le plus élevé dans notre échantillon de cas de tumeur de vessie. La durée de consommation et le pourcentage de patients fumeurs sont nettement plus élevés chez les cas de tumeur de vessie que chez les témoins. Il en est de même pour le café et l'alcool. La bilharziose urinaire et le tabac ont donc été les facteurs de risques les plus importants retrouvés dans notre étude. La bilharziose urinaire étant encore endémique dans beaucoup de nos régions et le tabac est un phénomène qui va crescendo dans notre société, la lutte contre les tumeurs de vessie passera nécessairement et obligatoirement par une meilleure sensibilisation de la population contre ces deux fléaux.