Facteurs prédictifs de complications post-opératoires chez les patients ayant bénéficiés d’un traitement traditionnel au centre médico-chirurgical des armées de Kati
Résumé
Objectif : Identifier les facteurs prédictifs associés à la survenue de complications post
opératoires chez les patients ayant bénéficié d’un traitement traditionnel pour un traumatisme
des membres, admis au Centre Médico-Chirurgical des Armées de Kati.
Matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude descriptive à viser analytique, observationnelle,
rétro-prospective de type cas-témoin, menée au Centre Médico-Chirurgical des Armées de Kati
sur une durée de 24 mois allant de janvier 2024 à décembre 2025.
Résultats : Durant nôtre période d’étude nous avons enregistré 136 cas de patients opérés pour
un traumatisme des membres préalablement traité par médecine traditionnelle dont 73 cas
(ceux ayant présenté des complications post opératoire) et 63 témoins (ceux n’ayant pas
présenté de complications post opératoire). Le sexe masculin était dominant avec un sexe ratio
de 3,12. L’âge moyen était de 39,18 ans avec des extrêmes allant de 15 à 90 ans. Les
agriculteurs étaient plus nombreux 20,6%. La fracture était le type de lésion qui revenait le plus
avec 86,8% parmi lesquels 30,5% étaient des fractures ouvertes. Les accidents de la voie
publique étaient l’étiologie principale 64%. Le membre inférieur était plus touché 76% et la
jambe le segment le plus concerné 29,4%. La pseudarthrose était le diagnostic d’entrée le plus
retrouvé soit 30,1% ; 50% de nos patients ont bénéficié de deux types de traitement traditionnel,
et les types les plus utilisés étaient le massage et l’immobilisation artisanale. Le traitement traditionnel était surtout motivé par les recommandations faites par l’entourage 52,9% et la
croyance en la médecine traditionnelle 51,4%. Le traitement traditionnel a duré plus de trois
mois dans 43,4% cas. Seul 13,2% des patients n’ont présenté aucune complication après le
traitement traditionnel et 71,3% en ont présenté une ; les complications étaient dominées par
les pseudarthroses 30,8%. L’ostéosynthèse était la technique chirurgicale la plus pratiquée à
l’admission 71,3%. Les infections dominaient les complications post opératoire avec 30,9%.
49,3% des patients ont présenté une limitation fonctionnelle après le traitement tant disque
47,1% ont pu récupérer totalement. Plusieurs facteurs étaient significativement associés à la
survenue de complications post opératoires : le diagnostic d’entrée, le type de fracture, le
segment atteint, les circonstances du traumatisme, certaines caractéristiques du traitement
traditionnelle (motif du recours, utilisation locale de produits corrosifs, les complications après
le traitement traditionnel notamment l’ostéite) et le type d’intervention chirurgical (toutes les
valeurs de p < 0,05).
