AVC: Prise en charge et aspects pronostiques dans le service d’accueil des urgences du CHU Gabriel Touré.

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Date
2025Auteur
Nantchouang Tchouangne, Christ Donel
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Introduction : L’accident vasculaire cérébral (AVC) demeure une urgence neurologique majeure
et un problème de santé publique mondial. Il représente la première cause de handicap acquis non
traumatique et la troisième cause de mortalité. En Afrique subsaharienne, et particulièrement au
Mali, la morbidité et la mortalité liées aux AVC restent élevées en raison du diagnostic tardif et de
l’absence d’unités neurovasculaires dédiées. Cette étude vise à décrire la prise en charge et à
évaluer les aspects pronostiques des AVC au service d’accueil des urgences (SAU) du CHU
Gabriel Touré.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude descriptive prospective menée sur une période d’un an, du 1er
mai 2024 au 30 avril 2025, au SAU du CHU Gabriel Touré. Ont été inclus tous les patients admis
pour un déficit neuro-focal ou un trouble de conscience sans notion de traumatisme crânien, et
dont la tomodensitométrie cérébrale confirmait un AVC. Les données cliniques, biologiques,
radiologiques et évolutives ont été recueillies à l’aide d’une fiche préétablie puis analysées avec le
logiciel SPSS 2022.
Résultats ; Sur 19 911 patients admis, 751 cas d’AVC ont été recensés, soit une fréquence de 3,8
%. L’âge moyen était de 61,7 ans ± 17,4 avec une prédominance masculine (sex-ratio = 1,39).
L’hypertension artérielle constituait le principal facteur de risque (93,7 %), suivie du diabète (16,2
%) et du tabagisme (15,5 %). Les formes ischémiques représentaient 66,7 % des cas et les formes
hémorragiques 33,3 %. Cliniquement, l’hémiplégie (46,2 %) et l’altération de la conscience (68,9
%) étaient les signes dominants. La TDM cérébrale montrait une prédominance des AVC
ischémiques sylviens (73,5 %). La prise en charge était essentiellement symptomatique :
réhydratation et antiulcéreux (100 %), antiagrégants et anticoagulants (76,9 %), antihypertenseurs
(35 %). La craniotomie décompressive a concerné 1,9 % des patients. L’évolution était défavorable
dans 51,7 % des cas, avec une mortalité de 43,2 %. Les facteurs associés à une évolution
défavorable étaient : l’hypertension artérielle, l’hyperkaliémie et la ventilation mécanique assistée
(p < 0,05).
Conclusion : L’AVC reste une pathologie fréquente et grave au Mali, touchant principalement les
sujets âgés hypertendus. Le pronostic demeure sévère en raison du retard de prise en charge et de
l’absence d’unité neurovasculaire spécialisée. Le renforcement du dépistage des facteurs de risque, la formation du personnel d’urgence et la création d’unités dédiées pourraient améliorer
significativement la survie et la récupération fonctionnelle des patients.
