| dc.description.abstract | Afin de réévaluer les paramètres de la transmission du paludisme à Bougoula-Hameau après dix ans, nous avons réalisé une étude transversale entre Mai et Octobre 2015. Pour mesurer l'effet de la sulfadoxine- pyriméthamine sur la survie d'Anopheles coluzzii, nous avons réalisé une étude expérimentale in vitro, en simple aveugle au laboratoire de Septembre 2014 à Mai 2016. Les moustiques ont été collectés selon la méthode de spray catch, traités à l'ELISA pour déterminer le taux d'antigène sporozoïtique et le taux d'anthropophilie. Pour l'évaluation de l'effet de la sulfadoxine- pyriméthamine sur la survie d'Anopheles coluzzii, des femelles d'Anopheles coluzzii (500 par concentration) âgés de 3-5 jours ont été gorgées avec différentes concentrations de sulfadoxine dissoute dans du méthanol, de pyriméthamine dissoute dans du diméthyle sulfoxyde (DMSO) et de sulfadoxine- pyriméthamine dissoute dans du méthanol et dans du DMSO à travers une membrane. Les concentrations de sulfadoxine et de pyrimethamine utilisées correspondaient aux taux plasmatiques des médicaments respectifs aux jours 1, 3, 7 et 14 après une prise orale de sulfadoxine. Pour une expérience A, les moustiques témoins étaient gorgés seulement avec du sang sans solvant mais pour l'expérience B, les solvants servant à dissoudre les différentes molécules étaient associées au sang des témoins. Chaque série d'expérience était répétée trois fois et la létalité était mesurée à 24 heures, 48 heures et 72 heures après le gorgement. Anopheles gambiae s.l. a été la seule espèce vectrice rencontrée. Le taux d'anthropophilie était de moins de 50% en 2015 (43,7% en Mai et 45,6% en Octobre) contre 75% en saison sèche et 90% en saison des pluies en 2005. Le taux d'inoculation entomologique (T.I.E) était de 0,04 piqûre infectante par homme et par mois en mai et 0,64 piqûre infectante par homme et par mois en octobre en 2015 contre 0.04 en saison sèche et 1,37 en saison des pluies en 2005. Nos résultats montrent une baisse significative de la transmission du paludisme à Bougoula-Hameau de 2005 à 2015. Au cours de nos expérimentations, un total de 39000 femelles d'An. coluzzii ont été soumises au test avec un taux moyen d'engorgement variant de 81,3% à 95,9%. Avec l'expérience A, nous avons trouvé des taux de mortalité plus élevés chez les moustiques gorgés avec la solution de sang contenant de la sulfadoxine à des concentrations correspondantes aux taux plasmatiques des jours let 3 après 24, 48 ou 72 heures d'observation. Déjà après 24 heures, la mortalité était de 68,6%, 12,5% respectivement avec les concentrations des jours 1, 3. Les taux de mortalité étaient faible chez les moustiques gorgés avec la solution de sang contenant de la sulfadoxine à des concentrations approximatives des jours 7et 14 après 24, 48 ou 72 heures d'observation (5, 31% pour jour et 3,57% pour jour 14 après 72 heures). La pyriméthamine n'a pas montré d'effet sur la survie d'An, coluzzii. Les expérimentations de la deuxième étape n'ont pas montré un effet de la sulfadoxine- pyriméthamine sur la la survie d'Anopheles coluzzii car les moustiques des témoins mourraient autant que les moustiques gorgés avec des solutions contenant les médicaments (sulfadoxine ou pyriméthamine) 72H après l'engorgement. Nos résultats montrent une baisse considérable de la transmission du paludisme à Bougoula-Hameau entre 2005 et 2015. Notre travail indique que la toxicité de la sulfadoxine pour Anopheles stephensi qui avait été précédemment décrite serait plutôt due au méthanol qui avait servi de solvant. | |