| dc.description.abstract | Introduction : Les inondations constituent un déterminant majeur de santé publique en milieu urbain sahélien, avec des impacts physiques, psychiques et sociaux importants. En Commune II du district de Bamako, la vulnérabilité est accentuée par la densité urbaine, les déficits d’assainissement et l’occupation des zones inondables. L’objectif principal de cette étude est d’évaluer les effets sanitaires – notamment physiques et mentaux – des inondations sur la population sinistrée en 2024.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude transversale menée en Commune II de Bamako, de septembre 2024 à mars 2025, auprès des personnes affectées par les inondations de 2024. Les sinistrés sont identifiés à partir des listes de la mairie et des services sociaux, puis enquêtés au moyen d’un questionnaire structuré. L’échantillon comprend 260 personnes issues d’une population de 573 sinistrés. Les données recueillent les caractéristiques socio-démographiques, les effets sanitaires, les recours aux soins, la dépression (PHQ-9), l’anxiété (GAD-7), le stress post-traumatique et les besoins post-catastrophe. L’analyse est réalisée avec Excel et SPSS 26.
Résultats : Les adultes de 15–64 ans représentent 86,2 % de l’échantillon et les hommes 56 %. La majorité présente un faible niveau d’instruction et vit dans des ménages nombreux. Des effets sanitaires sont rapportés par 66 % des participants, dominés par le paludisme (76,9 %), la fièvre (63,5 %), les infections respiratoires (51,2 %), les maladies de peau (35,8 %) et le stress (42,3 %). La consultation médicale a lieu dans 73,9 % des cas, principalement en CSCOM. Sur le plan mental, la dépression modérée ou plus concerne près de la moitié des enquêtés, tandis que l’anxiété légère à modérée est fréquente. Le stress post-traumatique est associé au niveau de scolarisation, à la présence de dommages immédiats, au déplacement forcé et au soutien émotionnel. Les principaux obstacles à l’accès aux soins restent le manque de moyens financiers (89,4 %) et le coût élevé des traitements. Les besoins prioritaires identifiés sont la nourriture, les médicaments, l’hébergement temporaire et l’amélioration de l’assainissement.
Conclusion : L’étude met en évidence une charge importante de morbidité physique et psychique liée aux inondations en Commune II de Bamako, dans un contexte de grande vulnérabilité socio-économique et environnementale. Ces résultats plaident pour une intégration systématique de la santé mentale, du renforcement de l’offre de soins de première ligne et de l’amélioration de l’assainissement dans les stratégies locales de gestion et de prévention des risques d’inondation | fr_FR |