Connaissances, Attitudes et les Pratiques des sages-femmes sur l’utilisation et la prescription des méthodes contraceptives de longue durée dans le district sanitaire de la commune V de Bamako.
Résumé
Introduction
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la planification familiale est une manière de penser et de vivre que des individus et des couples adoptent librement, en se basant sur des connaissances précises, des attitudes et des décisions réfléchies, afin d’améliorer l’état de santé et le bien-être du groupe familial auquel ils appartiennent et ainsi contribuer efficacement au développement social de leur pays. Selon la dernière Enquête Démographique et de Sante au Mali (EDSM VII), l’utilisation des méthodes contraceptives a tendance à augmenter depuis l’EDSM VI 2018. En effet, entre les deux enquêtes, la prévalence de l’utilisation de méthodes contraceptives modernes est passée de 16 % en 2018 à 21 % en 2023.
L’objectif était d’ étudier les connaissances, attitudes et les pratiques des sages-femmes sur l’utilisation et la prescription des méthodes contraceptives de longue durée dans le district sanitaire de la commune V de Bamako.
Méthodologie
Il s’agit d’une étude descriptive transversale sur une période de quatre (4) mois de Mars 2025 à Juillet 2025.
Résultats
L’étude a porté au total sur 300 sages-femmes de la commune V de Bamako. L’âge majoritaire était de 20 à 39 ans (63,7 %) et 87,3 % exerçaient dans des structures publiques. Sur le plan académique, 69 % n’avaient pas le baccalauréat et près de 80 % avaient moins de 10 ans d’expérience professionnelle, ce qui traduit une population jeune et active.
Concernant les connaissances, toutes les participantes connaissaient la définition des méthodes contraceptives de longue durée, mais seulement 39 % avaient bénéficié d’une formation spécifique. Le score global montrait que 19,7 % avaient un niveau faible, 30 % moyen, 35 % bon et 15,3 % très bon. Par ailleurs, 93 % jugeaient ces méthodes fiables et 98 % savaient qu’elles étaient réversibles.
Sur les attitudes et pratiques, 95,7 % estimaient que les clientes étaient réceptives et 85 % recommandaient ces méthodes. Toutes maîtrisaient la technique d’implantation, avec 96,7 % l’ayant pratiquée plus de dix fois. L’implant sous-cutané était le plus prescrit (52,3 %), suivi du duo implant + DIU (47,3 %). Toutefois, 78 % reconnaissaient avoir posé ces méthodes sans counseling préalable, et 100 % exprimaient le besoin d’une formation complémentaire, surtout sur la gestion des effets secondaires.
Conclusion
En conclusion ces résultats révèlent que les sage-femmes de la commune V, majoritairement issues du secteur public (87,3 %), présentent des attitudes et pratiques favorables avec une bonne maîtrise technique, mais des connaissances encore insuffisantes. Elle recommande de renforcer leurs capacités par des formations continues ciblées afin d’améliorer l’offre des méthodes contraceptives de longue durée.

