Rupture utérine iatrogène après induction artificielle ou direction du travail d’accouchement : étude rétrospective des cas sur une période de 2020 à 2024 au CHU Gabriel Toure et au CHU de Kati.
Résumé
La rupture utérine constitue une urgence médico obstétricale et fait partie des
complications les plus graves en obstétrique, associées à une morbidité et une
mortalité maternelles et foetales significatives. Dans notre pays en dépit des
efforts considérables depuis quelques années, elle reste une réalité. Malgré
l'importance de cette complication, les recherches spécifiques sur les ruptures
utérines après induction artificielle ou direction du travail d'accouchement au
Mali restent limitées. C’est dans cette perspective que nous nous sommes
proposé d’évaluer la rupture utérine après induction ou direction du travail à
travers une étude rétrospective pour à réduire la mortalité et la morbidité
maternelle et foetale en améliorant la gestion des inductions de travail et des
complications obstétricales graves au Mali.
Ainsi, la présente étude réalisée au CHU Gabriel TOURE et de KATI a colligé
25128 accouchements dont 75, cas de ruptures utérines soit une fréquence de
0,29%, suite à une induction ou direction du travail.
Dans notre série, la moyenne d’âge est de 30,99 ± 6,126 ans avec des extrêmes
de 19 et 46 ans. Les ménagères ont dominé le tableau avec une fréquence de
77,3 %. Nous avons enregistré 75 cas de rupture utérine dont 12 cas soit 16%
sont secondaire à une induction du travail d’accouchement. Le misoclear était le
type de prostaglandines le plus utilisé avec une fréquence de 88,9%.
Dans notre étude, une hystérorraphie a été réalisée chez 43 de nos patientes soit
57,3% par contre 42,6% ont bénéficié d’une hystérectomie.
Nous avons enregistrés 86,7% de mortalité foetale. Nous avons enregistré 10 cas
de nouveau-nés vivant soit 13,4%. Nous avons enregistré 40% d’anémie sévère
maternel, 8% d’infection parietale et 8% d’insuffisance rénale. Nous avons
colligé dans notre série 5 décès maternel soit 6,7%.

