Pratique de l’anesthésie pédiatrique au CHU Mère-Enfant « LE LUXEMBOURG »
Résumé
Introduction :
L’anesthésie pédiatrique est l’anesthésie des situations extrêmes. Elle concerne, schématiquement, deux populations opposées sur le plan de la morbi-mortalité : d’une part, celle des enfants en excellente santé, aux organes “sains” et aux possibilités de récupération exceptionnellement élevées ; d’autre part, celles des patients en situation précaire, soit du fait d’une immaturité extrême, soit du fait de pathologies acquises ou constitutionnelles sévère[2]. L’état de santé et le mode de développement des enfants constituent un des maillons d’évaluation de la politique sanitaire d’une collectivité ou d’un Etat. Dans l’offre de soins réservée aux enfants, la prise en charge des pathologies chirurgicales du nouveau-né, du nourrisson et du grand enfant occupe une place de choix. La réalisation de ces chirurgies constitue un véritable challenge pour l’anesthésiste réanimateur afin de garantir la sécurité périopératoire des enfants
Objectif : Evaluer la pratique de l’anesthésie pédiatrique au CHU Mère-Enfant le ‹‹ LE LUXEMBOURG ››.Patients et méthode : Il s’agit d’une étude transversale descriptive et analytique prospective mono centrique, chez tous les enfants de moins de 15 ans ayant subi une anesthésie pour une intervention chirurgicale sur une durée de 3 mois allant du 1er Juillet 2024 au 30 septembre 2024.
Résultats : Durant la période d’étude nous avons enregistré 140 enfants sur 680 patients opérés soit 20,59% des activités au bloc opératoire.
Sur 140 patients anesthésiés; nous avons enregistré 65% de sexe masculin contre 35% de sexe féminin avec un sexe ratio a 1,85. La tranche d’âge 5 a 15 ans est la plus représentée dans notre série avec 90 cas soit 64,3%.L’âge moyen est de 6,8 ans ±6,81. La chirurgie était programmée dans 87,9% et urgente dans 12,1%. La moitié des patients ont été opéré dans notre série par le service de chirurgie pédiatrique avec 71 cas soit 50,7% suivi de l’ORL avec 30 cas soit 21,4% ; orthopédie-traumatologie avec 13 cas soit 9,3% et chirurgie maxillo-faciale avec 10 cas soit 7,1%. Dans notre série l’amygdalectomie était l’indication majoritaire retrouvé avec 26 cas soit 18,6% suivi de la hernie ombilicale, fente labio-palatine avec respectivement 15 cas soit 10,7% et 10 cas soit 7,1%. Les interventions étaient réalisées dans un bloc uniquement dédié aux enfants dans56, 4%. Le manque de bloc adapté, de personnel qualifié, l’absence et ou l’insuffisance d’approvisionnement en matériels et consommables adaptés à l’enfant sont des insuffisances communes à presque tous les pays d’Afrique subsaharienne et impactent sur la qualité de la pratique de l’anesthésie pédiatrique. L’AG était la technique d’anesthésie la plus réalisée soit 83%. Elle était associée aux blocs périphériques dans 7,9% et la RA représentait 3,6%. La ventilation artificielle avec une IOT était majoritaire dans 79,3% des cas et au masque dans 12,1%. L’analgésie multimodale a montré ces preuves avec une analgésie efficace et un impact considérable sur la PEC des enfants. Les incidents étaient mineurs au cours de l’anesthésie. La morbi-mortalité générale était faible dans la cohorte avec l’absence notable de décès dans cette série. CONLUSION :
La pratique de l’anesthésie pédiatrique a connu une nette amélioration depuis ses dix dernières années avec la disponibilité des machines de dernière génération, des produits, les blocs périphériques de plus en plus réalisés sous échographie, la formation des MAR et infirmiers anesthésistes sur place mais aussi la création des blocs opératoires uniquement pour les enfants et les chirurgiens pédiatres de plus en plus disponible.